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Figaro : « Les pharmaciens attendent le feu vert pour vacciner »

Un décret devrait très prochainement les autoriser à prescrire et administrer le vaccin AstraZeneca.

Selon un sondage Ipsos, non seulement une majorité de Français (57%) souhaitent désormais être vaccinés, mais quand c’est le cas, ils souhaitent en plus pouvoir le faire au plus tôt : 59 % dans le mois où le vaccin sera possible pour eux, et même immédiatement pour 44% d’entre eux.

Le gouvernement s’apprête justement à passer à la vitesse supérieure. D’ici quelques jours, sages-femmes et pharmaciens devraient être autorisés par décret à prescrire et administrer le vaccin d’AstraZeneca, conformément aux recommandations de la Haute Autorité de santé. Dans un premier temps, la vaccination via les officines sera réservée aux personnes âgées de 50 à 64 ans ayant au moins un facteur de comorbidité et aux soignants de moins de 65 ans. En coulisses, pharmaciens et grossistes répartiteurs – qui livrent deux fois par jour les 21 000 officines de l’Hexagone – sont dans les starting-blocks. « Grâce à notre maillage du territoire, notre réseau va permettre d’accélérer et de masssifier la distribution», se réjouit Laurent Bendavid, président d’Alliance Healthcare, l’un des principaux répartiteurs. « 85 % des pharmaciens sont prêts à participer à cette mission de santé publique, témoigne Philippe Besset, président de la fédération des pharmaciens. 18500 ont vacciné contre la grippe. Leurs salles de vaccination sont prêtes ! » À partir de la fin du mois, ce sont eux qui distribueront les vaccins AstraZeneca qui ont la particularité de pouvoir être conservés dans un réfrigérateur classique.

Les premières livraisons devraient être effectuées autour du 19 février. Les répartiteurs attendent 700 000 vaccins qu’ils livreront aux officines. Dans un premier temps, les pharmaciens se contenteront d’approvisionner les médecins.Ce n’est qu’au cours du mois de mars qu’ils pourront eux-mêmes vacciner, lorsque les volumes monteront en puissance. L’incertitude concerne aussi la répartition des doses par pharmacie compte tenu des faibles volumes disponibles. Le gouvernement doit se prononcer dans les jours qui viennent sur leur allocation.

«Nous devrons gérer des approvisionnements en faible quantité et optimiser la chaîne du froid du dernier kilomètre», résume Hubert Olivier, président du syndicat des grossistes répartiteurs, à la tête d’OCP. Pour remplir cette mission, ces acteurs iront au-delà de leur rôle habituel qui consiste à vendre et distribuer les médicaments aux pharmaciens. Le vaccin AstraZeneca arrivant dans des boîtes de dix flacons, contenant chacun dix vaccins, l’État leur a donné le droit de «déconditionner » le vaccin pour pouvoir livrer les pharmacies en plus petites quantités. Chez les sept principaux répartiteurs de l’Hexagone (OCP, Alliance Healthcare, Phoenix…), des préparateurs sont en cours de formation. Car il s’agit d’un geste minutieux qu’il leur faudra répéter dans leurs 200 établissements. Ils disposeront de cinq minutes chrono pour déconditionner puis préparer les doses. Un délai fixé par l’Agence du médicament.

 

Une rétribution encore en négociation

« Cette opération sera effectuée dans nos chambres froides ou près de nos armoires réfrigérées en fonction des établissements, explique Hubert
Olivier. Il faudra placer les flacons à la verticale dans des étuis équipés de mousse afin d’éviter qu’ils s’entrechoquent et les protéger de la lumière. Ils seront ensuite mis dans des caisses isothermes pour être livrés aux pharmaciens. » Les préparateurs auront aussi la tâche d’associer chaque flacon à des seringues, aiguilles et notices d’utilisation préalablement livrées par Santé publique France.

Chez OCP, une première commande de 20 000 étuis et blocs de mousse vient d’être validée. Leur remboursement fera partie de la rémunération versée par l’État. «Il s’agit d’une opération de santé publique, au même titre que les masques et les vaccins contre la grippe issus de stocks d’État que nous avons distribués aux officines», souligne Hubert Olivier. Les pharmaciens seront également rétribués mais le montant de leur rétribution est encore en négociation. Dans un premier temps, chaque pharmacie ne devrait recevoir que quelques flacons. «Au départ, ce sera du “saupoudrage” en attendant la montée en puissance des volumes», prévient Laurent Bendavid. Il n’empêche, les officines se tiennent prêtes. Avec un million de personnes vaccinées contre la grippe en une semaine, elles ont eu un premier test grandeur nature en 2020.

Chez Leadersanté (300 pharmacies), un tiers des 226 000 vaccins dispensés ont été administrés sur place. «Nous nous sommes aussi rodés sur l’organisation avec les tests antigéniques pratiqués par 40 % de notre réseau, raconte Alexis Berreby, à la tête de Leadersanté. Outre les barnums et les salles dédiées, nous avons mis en place une application de prise de rendez-vous. Nos clients pouvaient aussi réserver un créneau sur les plateformes comme Doctolib. »

Une organisation que Leadersanté peaufine en vue de la vaccination Covid. Une formation digitale d’une demi-journée a démarré. Pas besoin d’équipement particulier. «Nous avons souvent 2 à 3 frigos dans nos officines pour les vaccins ou produits contre le diabète, avec au moins un frigo de réserve, par sécurité», explique Alexis Berreby. Avant Noël, jusqu’à 100 patients par jour se sont pressés dans les pharmacies de Leadersanté pour effectuer un test antigénique. Des étudiants en pharmacie étaient venus en renfort. «Les pharmacies savent s’adapter, ajoute-t-il. Il s’agit d’une mission de santé publique qui vient aussi redorer le blason de notre métier. »

Keren Lentschner.